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CINÉMA AU SÉLECT LE 20 NOVEMBRE

Donald Trump signe un accord de sécurité
avec le Groenland et le Danemark
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Sept mois après avoir évoqué la possibilité « d’utiliser la force » pour s’emparer du Groenland, Donald Trump a annoncé, vendredi 18 septembre, sur son réseau Truth Social, avoir conclu avec le Danemark et le Groenland un accord conférant aux États-Unis un « contrôle permanent » de la sécurité du territoire arctique.

Le Danemark et le Groenland ont confirmé cet accord avec les États-Unis lors de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York. Il assure en particulier qu’« aucun adversaire » des États-Unis ne pourra « jamais disposer d’une base au Groenland, y maintenir une présence militaire ou y réaliser des investissements sensibles sans [l’]autorisation écrite explicite » de Washington, a ajouté le président américain. Des dispositions qui visent la Chine et la Russie, a précisé par la suite un responsable du département d’État sous le couvert de l’anonymat.

Les États-Unis vont « immédiatement lancer le processus de développement d’une importante présence militaire » au Groenland, a aussi annoncé Donald Trump. Selon plusieurs médias, les États-Unis veulent ouvrir trois nouvelles bases militaires dans le sud du Groenland, en plus de la base de Pituffik qu’ils détiennent déjà dans le nord de ce territoire.

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Satisfactions mutuelles

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L’accord, d’une « durée de vie infinie », n’aura « aucun coût » pour Washington, a assuré Donald Trump, en évoquant un « rêve devenu réalité ». Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a, lui, évoqué un compromis qui « répond à toutes nos préoccupations de sécurité nationale concernant le Groenland ».

La première ministre danoise, Mette Frederiksen, a salué, dans un communiqué, un accord qui « renforce notre sécurité commune dans l’Arctique et dans l’Atlantique Nord et est donc bon pour l’OTAN et l’Europe ». Le texte « reconnaît la souveraineté et l’intégrité territoriale du Royaume [du Danemark] et le droit du peuple groenlandais à l’autodétermination », a-t-elle ajouté.

Le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, s’est, lui, félicité d’un compromis « qui garantit et renforce la sécurité du Groenland, du Royaume du Danemark, des États-Unis et de l’alliance occidentale ». L’accord « reconnaît les intérêts du Groenland et notre place dans la coopération internationale », a-t-il souligné.

Le compromis annoncé par Donald Trump n’est pas, en soi, une avancée si singulière pour les États-Unis puisqu’un accord de défense de 1951, actualisé en 2004, donnait déjà quasiment carte blanche aux forces armées américaines pour déployer des installations au Groenland, à condition qu’elles préviennent les autorités. 

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Une avancée… et des doutes


Cependant, Charles-Édouard Renault, avocat associé au cabinet De Gaulle Fleurance, spécialiste droit international et défense, faisait remarquer dans une tribune publiée dans Le Monde le 28 septembre que si ce dénouement mettait un terme, en apparence, à l’un des épisodes les plus sérieux de tension transatlantique depuis la fin de la guerre froide, il présentait plusieurs enseignements… et soulevait de nouvelles questions.

Que Washington, in fine, ait renoncé à l’option militaire ou à un rachat forcé du Groenland confirme la robustesse du droit international, y compris face à la puissance qui a le plus contribué à le façonner depuis 1945.

Le second enseignement tient au rôle joué par le droit à l’autodétermination du peuple groenlandais. La loi danoise du 21 juin 2009 reconnaît le Groenland comme un peuple distinct, doté d’un gouvernement autonome et d’un droit à disposer de lui-même. Dans son avis consultatif de 2019 sur l’archipel des Chagos, la Cour internationale de justice a jugé que la souveraineté territoriale ne peut être transférée sans l’expression libre et véritable de la volonté du peuple concerné, et qu’un consentement obtenu sous la contrainte est nul. Nuuk et Copenhague, en refusant systématiquement toute cession de souveraineté, ont opposé à Washington une ligne rouge que le droit international rendait, de toute façon, infranchissable sans leur consentement.

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Un droit de veto américain

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Mais l’accord du 22 septembre appelle une lecture plus prudente que celle d’une simple victoire du droit sur la force. Un droit de veto américain sur les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques groenlandais ne porte plus sur l’usage militaire d’un territoire, mais sur sa souveraineté économique elle-même : c’est la capacité du Groenland à choisir ses partenaires industriels et financiers qui se trouve conditionnée à l’assentiment de Washington. Ce mécanisme de transfert de pouvoir décisionnel qui est aujourd’hui limité à des pays n’étant « ni membres de l’OTAN, ni partenaires de l’OTAN, ni Etats membres de l’Union européenne » est la plus forte des mesures annoncées, notant qu’il ne figure pas dans le compte rendu danois de l’accord.

Ce distinguo n’est pas seulement sémantique. Il concerne bien d’autres nations que la Russie ou la Chine (Japon, Brésil, Emirats arabes unis…). Ainsi, si la jurisprudence Chagos protège le consentement du peuple concerné contre toute cession territoriale imposée, elle est moins directement outillée pour apprécier une subordination économique progressive, obtenue par la voie contractuelle plutôt que par la contrainte armée. Le droit à l’autodétermination, consacré par l’article 3 de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones de 2007, inclut pourtant le droit de déterminer librement son développement économique.

Un droit de veto extérieur sur les investissements structurants d’un territoire, fût-il négocié plutôt qu’imposé par la force, mérite d’être interrogé au regard de ce même principe…

TRUMP, LES USA ET LE GROENLAND

 

 

En janvier, le Groenland s’est retrouvé, comme jamais avant, sous les feux des projecteurs suite aux menaces d’annexion de Donald Trump et de son administration, y compris par la force. Qu’un président américain menace militairement un État de l’OTAN – puisque le Groenland appartient au Danemark – a bien entendu frappé les esprits et suscité une vague d’émotions, en même temps que se développait une véritable curiosité pour le Vert Pays.

Raison invoquée par Donald Trump pour annexer le Groenland ? Assurer la sécurité américaine en empêchant la montée des influences chinoise et russe (infirmée par de nombreux experts) sur un pays « défendu par deux chiens de traîneau », selon les termes toujours aussi réfléchis de l’ancien agent immobilier.

Au regard de cet « argument », il convient donc de rappeler les faits suivants.

1# Les États-Unis n’ont absolument pas besoin de coloniser le pays pour y installer des troupes, puisqu’un accord de coopération avec le Danemark signé en 1951 leur permet d’y installer des bases militaires.

2# Les États-Unis possèdent déjà une base militaire à Pittufik, occupée par environ 150 soldats américains (10 000 au plus fort de la guerre froide). Le choix de ce site occasionna le déplacement forcé des populations inughuits – sous la supervision des forces danoises – qui y vivaient depuis des siècles. L’armée américaine y perdit également une bombe H lors du crash d’un de ses bombardiers. Une bombe jamais retrouvée… 

3# Une trentaine d’installations militaires ont été abandonnées par l’armée américaine à la fin de la guerre froide.

4# En 2004, un nouvel accord de défense a été signé entre Américains et Danois, dans le village d’Igaliku, dans le sud de l’île, prolongeant l’accord de 1951, avec la participation, cette fois, du Groenland. Un texte qui laisse une énorme marge de manœuvre aux États-Unis, qui peuvent augmenter leur présence militaire sur le territoire, à condition seulement de consulter le Danemark et le Groenland.

Pour le dire clairement : depuis quatre-vingts ans au moins, les États-Unis font déjà à peu près ce qu’ils veulent au Groenland.

Un accord passé le 21 janvier entre Donald Trump et Mark Rutte, ancien Premier ministre néerlandais, et actuel secrétaire général de l’OTAN, a fait renoncer (temporairement ?) le président américain à ses menaces militaires – et douanières contre les pays qui ne soutiendraient pas son projet d’annexion.

En quoi consiste cet accord ? La réponse est simple, on ne le sait toujours pas ! Ce « on » impliquant également les principaux intéressés, à savoir les Groenlandais.

L’heure est donc aux conjectures. Dans ce grand flou, on subodore que le renforcement de la surveillance du pays par l’OTAN aurait calmé l’ire du président américain. Le 11 février, Mark Rutte a en effet annoncé le lancement de l’opération militaire « Arctic Sentry », pilotée depuis le commandement otanien de Norfolk, en Virginie. Sera-ce suffisant pour refroidir les ardeurs impérialistes du magnat ? Rien n’est moins sûr.

Mais, momentanément, la tempête est retombée. L’ex-futur Nobel de la paix s’est depuis tourné vers le Venezuela, puis l’Iran. Le séisme aura en tout cas provoqué une rare concorde des partis politiques groenlandais. Et placé la plus grande île du monde sur la carte pour des centaines de millions de personnes.

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Des manifestations ont eu lieu à Nuuk
et à Copenhague le 17 janvier pour protester contre les menaces d'annexion de Donald Trump et de son administration.

OLIVIER LABAN-MATTEI/MYOP POUR « LE MONDE »

Manifestation à Nuuk le 17 janvier 2026

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OLIVIER LABAN-MATTEI/MYOP POUR « LE MONDE »

Samedi 17 janvier, des manifestations ont eu lieu à Nuuk et Copenhague pour protester contre les menaces d'annexion du Groenland de Donald Trump. Ils étaient plusieurs milliers à Nuuk (ville de 20000 habitants) et 15000 à Copenhague. D'autres rassemblements ont également eu lieu à Aalborg, Aarhus et Odense. Partout les mêmes slogans : “le Groenland n'est pas à vendre” et “Trump, touche pas au Groenland”.

À Nuuk, les Groenlandais, avec à leur tête leur Premier ministre, Jens-Frederik Nielsen, ont marché jusqu'au consulat américain. Le drapeau national, l'Erfalasorput, était omniprésent. Le chant du tambour (quillat) ayant donné le signal de départ. La marque de fabrique trumpienne, MAGA, a été détournée en “Make America Go Away” (“Faites partir l'Amérique”).

La question de l'indépendance du Groenland vis-à-vis du Danemark a été hier reléguée au second plan. Malgré les nombreux griefs existant contre l'ancienne puissance coloniale, la priorité est actuellement de ne pas être annexé par les États-Unis de Donald Trump.

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Le Comité de jumelage Granville Uummannaq soutient le peuple groenlandais face aux menaces d'annexion proférées par le président Donald Trump et des membres de son administration.

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OLIVIER LABAN-MATTEI/MYOP POUR « LE MONDE »

À Nuuk le 17 janvier 2026

À Nuuk le 17 janvier 2026

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ANDERS HOLST POUR « LE MONDE »

Manifestation à Copenhague le 17 janvier 2026

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Crédits photos : Fabrice Jonckheere, Pierre Auzias, Marine Gateff et Bernard Fontanille

© 2023 par Comité de jumelage Granville-Uummannaq.

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